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Décryptage. Le choléra, encore une preuve du sous-développement de l’Algérie
  • Publiée le : 24-08-2018
  • Article publier dans Sociétés
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Le choléra, une maladie moyenâgeuse fait son retour en Algérie.  Les autorités sanitaires tentent coûte que coûte de rassurer les Algériens en affirmant qu’il  s’agit de cas “isolés et limités à des familles” et en soutenant que la situation était “maîtrisée”. Mais la réalité est, malheureusement, beaucoup plus grave que ça. Et pour cause, le retour du choléra est encore une preuve que notre pays patauge dangereusement dans le sous-développement en dépit de tous les milliards de dollars injectés depuis plus d’une décennie dans les programmes de développement du pays.


Les études scientifiques les plus poussées ont toutes démontrés que les grandes épidémies de choléra arrivent toujours dans les pays pauvres du monde, comme le signale la très sérieuse association française Développement et Santé qui oeuvre pour  la formation continue des personnels de santé dans les pays du sud, notamment l’Afrique francophone.

 

Des études ont montré une corrélation, d’une part entre le nombre élevé de cas cumulés de choléra dans les ‘pays d’Amérique latine et l’Indice du Développement Humain d’autre part entre le taux important de mortalité par choléra et le faible revenu annuel par habitant (inférieur à 600 dollars). Les épidémies de choléra surviennent surtout dans les zones pauvres de ces pays, cumulant plusieurs facteurs de risque : densité de la population, promiscuité, dégradation des conditions d’hygiène, problèmes d’assainissement et d’accès à l’eau potable.

 

L’Algérie, pays des pétrodollars avec ses réserves de change qui comptaient près de 200 milliards de dollars en 2012/2013, souffre de plusieurs de ses caractéristiques et de traits propres aux pays les plus sous-développés du monde. Des déficiences qui favorisent l’apparition d’une maladie comme le choléra. En effet, comme le notent les études scientifiques, l’augmentation de la population, surtout dans les grandes villes, associée à une paupérisation et une urbanisation sauvage, est un facteur essentiel dans l’apparition présente et future des épidémies de choléra.

 

En Algérie, plusieurs grandes villes sont apparues depuis le début des années 2000. Et ces agglomérations subissent depuis longtemps une urbanisation sauvage qui reflète un manque cruel d’hygiène dans les endroits publics. Les déficiences des réseaux d’assainissement et la multiplication des décharges publiques tout près des sources d’alimentation en eau potable est un fléau qui n’a jamais cessé de prendre des dimensions alarmantes en Algérie ces dernières années.

 

Pour l’heure, d’après les données communiquées par le ministère de la Santé,  les cas de choléra ont été enregistrés dans les wilayas d’Alger, Blida, Tipaza et Bouira où 41 cas ont été enregistrés sur 88 cas suspects. Ces wilayas sont celles qui abritent les plus grandes cités dortoirs du pays où la promiscuité et le manque d’hygiène sont des déterminants habituels et connus d’une flambée épidémique comme le choléra. Il suffit, en plus, d’un cas importé par avion et l’épidémie se propage vite dans un environnement aussi sale et répugnant que celui qui dénature notre pays.

 

Soulignons enfin que l’apparition rapide de ces cas de choléra dans un laps de temps record démontre toute l’impuissance et faiblesse de notre système de santé. Effectivement, le manque de ressources sanitaires du pays insuffisance de structures de santé, de personnel soignant bien formé retardent dangereusement la lutte contre le choléra.  La désorganisation des services de santé et d’accès aux soins en cas d’épidémie de choléra  associée à l’état de santé précaire de certaines populations comme celles qui vivent dans certains quartiers populaires et agglomérations anarchiques des villes Algériennes, joue aussi un rôle dangereux dans l’expansion du choléra.

 

Au final, le choléra est une preuve que l’Algérie paie le prix fort de son sous-développement économique et social. Les annonces fallacieuses du gouvernement algérien à propos du développement du niveau et qualité de vie en Algérie sont aujourd’hui sévèrement démenties par cette épidémie de choléra.



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