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Comment le passivité et le silence du ministère de la Santé ont participé à la propagation du choléra en Algérie
  • Publiée le : 25-08-2018
  • Article publier dans Sociétés
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Il a fallu plus d’une semaine pour que les autorités réagissent : le choléra, maladie moyenâgeuse, officiellement éradiquée dans la majorité des pays du monde, est de retour. Elle a tué des Algériens en pleines fêtes de l’Aïd.


Alors que les premiers cas ont commencé à apparaître à Bouira, avec le décès de 4 personnes dont deux par contamination directe, le ministère de la Santé a attendu une dizaine de jours avant de s’exprimer. Lors d’une conférence de presse animée conjointement avec des cadres du  ministère et le directeur général de l’Institut Pasteur pour donner des  explications sur les cas de choléra dans les wilayas d’Alger, Blida, Tipaza  et Bouira où 41 cas ont été enregistrés sur 88 cas suspects, le Dr. Fourar a indiqué que ces cas étaient « isolés et limités à des familles », ajoutant que la situation était « maîtrisée ». Le Dr. Youcef Tarfani, sous-directeur au ministère de la santé, a exposé les différents cas enregistrés au niveau des quatre wilayas, précisant que 6 cas ont été recensés à Ain Bessam (Bouira) dont trois confirmés, 50 cas à Blida dont 22 confirmés, 18 à Tipaza dont 11 confirmés et 14 cas à Alger dont 5 confirmés.


Au-delà des chiffres, les responsables du ministère de la Santé ont pêché par un manque flagrant de communication. Le directeur de l’Institut Pasteur d’Algérie a même reconnu, de manière implicite que les autorités ont dans un premier temps caché la vérité. Le Dr. Zoubir  Harrath a déclaré, lors d’un point de presse, que « l’Algérie a le courage d’annoncer l’existence d’une épidémie de choléra. » contrairement à d’autres pays qui ne le font pas. Pis, le responsable compare l’Algérie à des pays qui vivent des crises humanitaires. « Le Choléra existe dans plusieurs pays comme le Yémen et le Tchad, l’Algérie a eu le courage de l’annoncer », a-t-il indiqué devant des journalistes interloqués.

 

Plus grave, le fait de ne pas reconnaître dès le début l’existence de la maladie a sans doute participé à sa propagation. Après le décès de 4 personnes à Ain-Bessam, à Bouira, les autorités ont évoqué une « gastro-entérite aigüe ». Or, les malades doivent être, en principe ; mis en quarantaine, pour éviter des contaminations. Ce n’est pas le cas de la personne décédée jeudi à Boufarik. Selon ses proches, le défunt a contracté la maladie suite à une visite effectuée chez un autre malade. Même après son décès, les autorités ont refusé de nommer la maladie. « Ils nous ont demandé de brûler toutes ses affaires et de nettoyer sa maison à l’eau de Javel », a témoigné son frère à des chaînes de télévision.

 

Pour l’heure, les autorités ne disent pas quelles sont les origines de la maladie. Provienne-t-elle de l’eau de robinet, impropre à la consommation comme c’est prouvé récemment à Blida ? S’agit-il de fruits arrosés avec de l’eau contaminée ? Les analyses doivent donner des réponses à ces questions. Entre temps, la panique s’est emparée de la population qui s’est notamment ruée sur les eaux minérales dont les stocks sont épuisés dans magasins.



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