La guerre au Yémen a tué 85.000 enfants

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En trois ans de conflit, 84.700 enfants sont morts de faim ou de maladie, selon l’ONG Save The Children. Sans compter tous ceux qui ont perdu la vie dans les combats ou bombardements.

Alors que l’émissaire des Nations unies Martin Griffiths est arrivé mercredi à Sanaa, la capitale du Yémen, pour relancer les efforts de paix entre belligérants, l’ONG Save The Children pousse un cri d’alarme. Selon elle, quelque 85.000 enfants seraient morts de faim ou de maladie, depuis le déclenchement de la guerre en mars 2015.

Le conflit en lui-même a causé la mort de plus de 10.000 personnes, selon l’ONU. Mais le nombre des victimes est bien plus élevé. Save The Children affirme mercredi dans un communiqué avoir utilisé des données de l’ONU pour évaluer les taux de mortalité dus aux cas de malnutrition sévère et de maladie chez les enfants de moins de cinq ans. «Nous sommes horrifiés par le fait qu’environ 85.000 enfants soient morts de faim et de maladie, déplore Tamer Kirolos, le directeur de Save The Children pour le Yémen. Pour chaque enfant tué par des bombes et des balles, des douzaines meurent de faim et on peut l’éviter», selon lui.

Car, en plus de ces 85.000 enfants morts, d’autres sont en effet tués dans les combats qui opposent les rebelles Houthistes, soutenus par l’Iran et le Hezbollah, aux forces loyalistes défendues par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. En mars 2015, ces deux pays ont lancé une campagne de bombardements des positions Houthistes à travers le pays, après la conquête de Sanaa et des principales villes du Yémen. Soutenue militairement par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, la coalition saoudo-émirienne a repris ensuite la ville d’Aden au sud. Mais en trois ans de guerre, la ligne de front n’a guère évolué. Les Houthistes résistent, et ripostent en tirant des missiles sur le territoire saoudien.

Négociations en Suède
Dans cette guerre oubliée, à laquelle les médias ont peu accès en raison des contraintes posées par l’Arabie saoudite, des enfants sont également utilisés comme soldats, notamment par les rebelles Houthistes. Depuis plusieurs mois, les affrontements les plus violents ont pour théâtre la ville d’Al-Hodeidah et son port sur la mer Rouge par lequel est acheminé plus de 70% de l’aide humanitaire à un pays, le plus pauvre des pays arabes, coupé en deux par la guerre civile. Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu en début de semaine, les combats ont repris mardi à Al-Hodeidah, où la coalition saoudo-émirienne semble vouloir engranger des gains territoriaux, avant de se rendre en Suède pour des pourparlers de paix, a priori dans quelques semaines, sous l’égide de l’ONU.

C’est dans ce but que Martin Griffiths, l’émissaire de l’ONU, doit avoir des discussions à Sanaa avec des responsables Houthistes, qui tiennent la capitale. Pour faciliter ces efforts de paix, les insurgés, soutenus par l’Iran, se sont dits ouverts à une cessation des hostilités si la coalition menée par l’Arabie cesse ses attaques.

Affaibli par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi par un commando saoudien au consulat d’Arabie à Istanbul, le prince héritier Mohammed Ben Salman, qui a lancé les hostilités en 2015, semble prêt à céder du terrain dans ce conflit au Yémen, qui s’est transformé en un «mini Vietnam» pour son pays.

Lefigaro / Georges Malbrunot

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