Procès de Drareni, Benlarbi et Hamitouche 4 ans de prison requis contre les prévenus

Une peine assortie d’une amende de 100 000 dinars, ainsi que 4 ans de privation des droits civiques.

C’est aux alentours de 14 h que le procès du journaliste Khaled Drareni et des deux militants, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche s’est ouvert au tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Après les débats, le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a requis une peine de 4 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 100 000 DA, ainsi que 4 ans de privation des droits civiques à l’encontre de chacun des trois prévenus. Alors que Khaled Drareni est en détention, ses deux coaccusés, remis en liberté provisoire le 2 juillet dernier, ont comparu libres à leur procès.

Ils sont poursuivis pour deux chefs d’inculpation, à savoir «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à attroupement non armé». Les trois prévenus ont nié en bloc les charges retenues contre eux lors des débats. En réponse aux questions de la présidente de l’audience, qui l’a interrogé en vidéoconférence, Khaled Drareni a indiqué : «J’ai fait mon travail en tant que journaliste libre et indépendant. J’ai couvert toutes les manifestations, depuis le 22 février 2019, y compris celles soutenant le pouvoir.» «Au contraire, à travers mon rôle de journaliste d’informer les citoyens algériens, j’ai contribué non pas à menacer l’unité nationale, mais à la préserver», a-t-il indiqué.

Quant aux slogans diffusés sur son compte Twitter, il a précisé que les mots d’ordre qu’il publiait sur son compte accompagnés de vidéos, ne lui appartenaient pas, mais étaient scandés et arborés par les manifestants à l’occasion des marches hebdomadaires. Outre ses publications sur les réseaux sociaux, Drareni a été également interrogé par la juge sur son travail avec les chaînes de télévision étrangères, TV5 Monde et France 24. À ce propos, il a fait savoir qu’il n’est pas officiellement correspondant de ces deux médias en Algérie, mais il a travaillé en tant que collaborateur avec TV5 Monde et en tant qu’invité et intervenant avec France 24.

Il a précisé qu’«il était rémunéré par TV5 Monde en fonction du nombre de ses interventions et (qu’il) ne disposait pas d’agrément puisque n’étant pas correspondant de cette chaîne de télévision étrangère». Au sujet des incitations ou appels à attroupement diffusés sur sa page facebook, il a expliqué qu’«il n’a fait que copier-coller les communiqués des Forces du pacte démocratiques (PAD) et d’autres partis politiques agréés à l’instar de tous les journalistes».

Il a également précisé que «le billet d’avion pour participer à une conférence organisée par l’association S.O.S disparus en France a été pris en charge par l’Institut culturel français en Algérie». Au début du procès, les avocats de la défense ont relevé des vices de procédure.

Ils ont déploré l’absence de certificat médical dans le dossier des prévenus. Il a été également question du flou autour de la nature des accusations portées contre leur mandants. «Sont-ils poursuivis dans le cadre du Code de procédures pénales ou dans le cadre de crimes électroniques?», se sont-ils interrogés. Par ailleurs, une quinzaine d’interventions sont programmées lors des plaidoiries sur une quarantaine d’avocats composant le collectif de la défense des prévenus. Les trois concernés ont été arrêtés samedi 7 mars dernier lors d’une marche à Alger.

Samir Benlarbi a de son côté maintenu ses déclarations faites devant le juge d’instruction et la police judiciaire, à savoir qu’il avait l’habitude de participer aux marches pacifiques du Hirak avec des milliers de manifestants. La défense, qui a mis en avant le caractère politique des poursuites contre les trois concernés et le fait que le dossier judiciaire est vide, a plaidé la relaxe en faveur des trois mis en cause. Pour rappel, Khaled Drareni, directeur du site d’information Casbah Tribune, collaborateur de la chaîne française TV5 Monde et de l’ONG Reporters sans frontières (RSF) en Algérie, a été arrêté alors qu’il couvrait une marche à Alger. Il a été libéré et placé sous contrôle judiciaire après trois nuits passées en garde à vue, le 10 mars dernier.

Le 29 du même mois, le tribunal de Sidi M’hamed l’a mis sous mandat de dépôt suite à l’appel interjeté par le parquet. Son dossier a été transmis le 6 juillet 2020 au tribunal correctionnel.

lexpressiondz / Mohamed BOUFATAH

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