Révision de la constitution Le statut de tamazight irrite Djaballah

Dangereuse et non consensuelle : le verdict de Abdallah Djaballah au sujet de la mouture de la Constitution approuvée par le Parlement est sans appel. Le président du Front pour la justice et le développement (FJD) y voit une « menace pour les constantes », et un prélude à des crises futures. La composante « laïque » du comité Laraba et la constitutionnalisation de la langue amazighe font sortir le chef du parti islamiste de ses gonds.

Nawal Imès – Alger (Le Soir) – La copie de la Constitution ayant reçu l’aval du Parlement n’est pas du tout du goût de Abdallah Djaballah. Le numéro un du FJD y voit même plusieurs menaces. Il dit s’inquiéter pour l’avenir du pays en raison d’articles porteurs de « graines de la division » et de menaces sur « l’identité nationale ». Il suffit, dit-il, de lire le préambule de la Constitution pour s’en convaincre.
Premier reproche fait par Djaballah, l’atteinte aux « constantes » qu’il y décèle, notamment à la religion puisqu’il assure que les courants islamiste et nationaliste ont totalement été écartés du processus d’élaboration de la Constitution.

Les membres de la commission Laraba sont d’ailleurs pointés du doigt par Djaballah, qui considère qu’il s’agit de personnes « issues toutes du même courant, laïque et éradicateur », et qui, ajoute-t-il,« donnent l’impression de ne connaître ni la culture algérienne, ni les traditions, ni encore moins son ancrage historique » et d’être « totalement coupés des réalités ». Djaballah rappelle qu’au moment même de la mise en place de cette commission, il avait déjà tiré la sonnette d’alarme, plaidant pour une « composante plus équilibrée, représentant tous les courants».

Autre reproche fait à la copie de la Constitution, les articles qui, selon le président du FJD, portent atteinte à l’unité nationale. Il suffit de lire le préambule pour s’en rendre compte, assure Djaballah qui se demande comment on a pu faire référence à la Numidie qui n’englobait pas le Sud algérien à l’époque. Il s’interroge sur les véritables motivations des rédacteurs, se demandant si cela ne préparait pas le terrain au séparatisme de la région, et si les rédacteurs de la Constitution n’auraient pas été mieux inspirés en faisant référence à ce qui unit plutôt qu’à ce qui divise.

L’article 4 faisant référence à la langue amazighe suscite l’ire de Djaballah. Il affirme qu’aucun pays n’a fait cela, y compris ceux où cohabitent beaucoup de communautés et de langues.

S’attaquant ouvertement à la constitutionnalisation de la langue amazighe, le président du FJD considère que la langue présentée comme telle n’en est rien, prenant pour argument les affirmations d’un professeur issu de Aïn-el-Hamman qui assure que la langue enseignée et utilisée dans les chaînes de télévision est loin d’être conforme à la langue maternelle. Il ne s’agit, dit-il, que d’une manœuvre pour « casser la langue arabe » et rendre service à la langue française.

Au final, la mouture proposée est jugée « non consensuelle » et « en contradiction avec les aspirations populaires exprimées depuis le 22 février dernier», approuvée par un «Parlement à qui le peuple a déjà ôté toute légitimité».

N. I. / Nawal Imès / lesoirdalgerie

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