Réouverture de l’espace aérien Le gouvernement garde «les clés du ciel»

Le pays est peu frappé par le Covid-19, mais il est entouré d’un véritable «cercle de feu.» Les pays du pourtour méditerranéen, pour ne citer que ceux-ci, sont en effet «très touchés» par la pandémie.

Le nombre de cas des nouveaux contaminés par le Covid-19, en Algérie, est en baisse continue depuis plus de 2 mois. Cette belle stabilité est, faut-il le noter, le fruit de la gestion maîtrisée de l’épidémie. Une gestion qui n’aurait nullement pu être aussi efficace sans la fermeture des frontières, décidée le 17 mars dernier. Elle s’est imposée comme nécessité, à défaut d’un vaccin, pour l’Algérie contre l’importation des cas parmi les voyageurs, comme cela a été au début.

Avec l’incertitude du risque sanitaire, pour sortir de la crise, il est évident qu’un long chemin reste à parcourir pour atteindre les résultats escomptés.

Cependant, le fait d’être isolé du monde au temps du coronavirus, pendant presque 7 mois, n’a évidemment pas que des avantages.

La fermeture des frontières présente également des inconvénients, comme les lourdes répercussions économiques. Le transport aérien, le premier maillon de la chaîne est, sans conteste, le secteur d’activité le plus touché. À titre d’exemple, la compagnie aérienne nationale Air Algérie continue de subir des pertes gigantesques. Elle est sérieusement impactée suite à la fermeture de l’espace aérien. Pour les seuls mois d’avril, mai et juin derniers, la perte sèche est estimée à 2,9 milliards de dollars.

L’on se demande, à l’heure actuelle quand l’Algérie va-t-elle rouvrir ses frontières?
Répondant à cette question, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a déclaré que la réouverture de l’espace aérien est une décision souveraine, tributaire de l’évolution de la situation épidémiologique du Covid-19, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays». Cela avant de préciser que «la situation épidémiologique du nouveau coronavirus est stable en Algérie, grâce aux efforts des pouvoirs publics».

Derrière la question précitée se cache le scénario pessimiste, mais probable, notamment avec les mauvaises expériences mondiales, où le virus est déjà en embuscade. Le cas de la Tunisie, est le plus frappant. Après avoir bien circonscrit l’épidémie, ce pays voisin avait pris le risque d’ouvrir ses frontières.

Le résultat, après quelques semaines de réouverture, a été néfaste. Pas plus tard qu’hier, le ministère tunisien de la Santé a annoncé avoir recensé, durant les dernières 48 heures 2 509 nouvelles conta-minations et 45 décès supplémentaires. Si l’on ne veut pas retourner à la case départ, les experts préconisent «une réouverture des frontières progressive et bien ficelée».

C’est-à-dire que le trafic ne peut pas revenir à la normale, comme au bon vieux temps!
C’est la proposition faite par le docteur Bekkat Berkani, qui s’est dit favorable à une réouverture, mais sous des conditions. Dans un entretien accordé à L’Expression, le mois dernier, il avait considéré que le redémarrage du transport aérien «devra se faire de façon progressive, et il est préférable de fixer des priorités». Cela avant d’estimer que «l’Algérie dressera sa liste des pays les plus touchés, pour l’interdiction d’entrée pure et simple des voyageurs qui y viennent, afin d’éviter de réimporter de nouveaux cas.»

Entre-temps, en attendant les décisions à venir et qui seront prises par les autorités, concernant le dossier de réouverture des frontières, ces dernières préfèrent garder prudemment «les clés du ciels.»

lexpressiondz / Mohamed AMROUNI

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