El-Meneaa: perspectives prometteuses pour les cultures stratégiques

El-MENEAA- Les potentialités agricoles de la nouvelle wilaya d’El-Meneaa (800 km Sud d’Alger) offrent des perspectives prometteuses pour le développement intensif des cultures stratégiques, notamment la céréaliculture, la maïsiculture et l’oléiculture.

Région à climat aride et à faible pluviomètre, cette wilaya qui compte plus de 72.500 âmes, demeure largement dépendante de son agriculture qui constitue un levier clé pour son développement économique.

Considérée comme l’ossature principale de l’économie locale, l’agriculture a réalisé des avancées importantes dans cette région, à la faveur de la dynamique insufflée par les différents programmes mis en œuvre par les pouvoirs publics pour promouvoir ce secteur stratégique et faire de cette wilaya un « grenier du pays » pouvant être également une source pour le développement des activités agroalimentaires génératrice d’emploi et de revenus pour la population locale.

Les pouvoirs publiques ont arrêté une politique de mobilisation des ressources hydrique souterraine ce qui a engendré l’expansion rapide ces dernières années de l’irrigation sous-pivot et a permis de faire progresser les surfaces de mise en valeur et la création d’exploitations agricoles qui affichent souvent des résultats performants.

La superficie agricole utile (S.A.U) en irrigué est passée de 12.230 hectares en 2000 à 26.519 ha en 2008 pour atteindre en 2021 une superficie arable de 72.491 ha, répartie à travers 17.000 exploitations et une population vivant de l’agriculture estimée à 30.000 âmes, selon les statistiques de la direction des services agricoles (DSA).

L’agriculture dans la nouvelle wilaya El-Meneaa était une agriculture de subsistance dans les oasis avec de petites exploitations et les grands espaces semi-désertiques qui formaient l’essentiel de la superficie de la wilaya étaient considérés comme des zones de parcours, avant de devenir ces dernières années de grands périmètres agricoles verdoyants produisant diverses variétés de légumes et fruits de grande qualité gustative.
« En dépit d’un climat sec et d’une rareté de la pluviométrie, la région (El-Meneaa et Ghardaïa) a connu un engouement d’investisseurs agricoles, encouragés par les facilitations d’acquisition de terres et la mobilisation des ressources hydriques souterraines lancées par les pouvoirs publics en réalisant 1.041 forages avec un débit de 53.310 litres/seconde, de 6.270 puits débitants 10.465 litres/s, de près de 3.000 bassins de stockage d’une capacité globale de plus de 215.100 m3, et d’un réseau d’électrification de 500 km linéaires, en plus de 500 km de pistes agricoles », a-t-on expliqué.

De nouvelles perspectives s’ouvrent pour le secteur

De nouvelles perspectives s’ouvrent pour le secteur de l’Agriculture dans la wilaya de d’El Meneaa où plusieurs projets sont programmés, en vue d’accroître le foncier agricole de la région, d’améliorer et de valoriser la production agricole par la création de nouveaux périmètres.

Les services de l’agriculture de la wilaya ambitionnent d’augmenter à l’horizon 2024, la surface agricole utile (SAU) pour la porter de 72.491 hectares à plus de 121.500 hectares orientés vers le développement et l’accroissement de la phœniciculture et les cultures stratégiques telles les céréales, les fourrages, les huiles alimentaires (arachide, soja, colza et oléiculture), la betterave sucrière ainsi que la tomate industrielle.

L’intensification de la production fourragère (luzerne, sorgho, maïs), aliment essentiel pour le cheptel bovin laitier, est aussi prévue afin d’accompagner la filière lait dans les différentes wilayas de la région, particulièrement la voisine Ghardaïa qui produit près de 30 millions de litres/an dont une grande partie dans la zone de Guerrara surnommé « bassin laitier », ainsi que la production de viandes rouge et blanche.

Selon les ingénieurs agronomes de la DSA, « toutes les cultures stratégiques peuvent être développées dans la région d’El-Meneaa, où il suffit de gérer intelligemment les ressources hydriques souterraines non renouvelable ».

D’après l’ingénieur en chef à la DSA, Khaled Djebrit, la culture des céréales sous-pivots a enregistré « une grande avancée » dans la wilaya d’El-Meneaa, à la faveur de campagnes de sensibilisation permanentes menées par les responsables locaux de l’agriculture sur l’importance du développement de la filière « céréaliculture », l’encouragement des investisseurs agricoles et la mise en valeur de nouveaux périmètres agricoles avec notamment le renforcement de la mécanisation, l’utilisation de semences sélectionnées et l’augmentation du rendement.

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Le suivi des itinéraires techniques des cultures céréalières entrepris par les services phytosanitaires dans le cadre de la vulgarisation des techniques agricoles « confortent les prévisions », a fait savoir M.Djebrit, ajoutant que les services agricoles s’attendent pour cette saison 2020/2021 à une production record céréalière, notamment avec la généralisation du processus d’ensemencement mécanique, la numérisation et la planification de toutes les opérations liées à la culture, avec un rendement moyen de près de 50 quintaux à l’hectare pour le blé dur, 70 QX/ha pour le blé tendre et 40 QX/ha pour l’orge.

Pour la maïsiculture sous pivot, cultivée en assolement après la moisson de la céréaliculture, a donné des résultats probants, sachant que la première expérience pilote de culture de maïs à El-Meneaa et Ghardaïa a été effectuée en 2011, avant d’être étendue dans le cadre de la nouvelle politique agricole destinée à réduire les importations et élargir la gamme de production de céréales.

Considéré comme principal intrant dans la fabrication d’aliments de bétails et de volailles, les besoins de l’Algérie en ce produit (maïs) sont dépendants exclusivement du marché international dont les cours ne cessent d’augmenter et se répercutent sur les prix des productions animales (viandes, lait, œufs), indique-t-on.

Développement de projets intégrés

De nombreux agriculteurs ont investi dans la wilaya d’El-Meneaa dans des projets agricoles intégrés alliant la culture fourragère (maïs, luzerne), l’élevage bovin et caprin en lactation et les unités de production de lait.

La production de maïs ensilage, cultivée en dérobé après la production céréalière au mois de juillet, est fauchée, hachée et tassée mécaniquement avant d’être enrubannée sous forme de grosses bottes rondes, destinées à l’alimentation du bétail, notamment les vaches en lactation.

La région d’El-Meneaa dispose aussi d’énormes potentialités de nature à favoriser le développement de l’horticulture maraîchère, des plantes médicinales et aromatiques, et à transformer la région en véritable pôle agricole national, soutiennent des chercheurs de l’université de Ghardaïa.

Plantée en étage dans les oasis d’El-Meneaa, la culture de ces plantes condimentaires restent « timide » et est destinée à la consommation locale. Parmi les principales plantes aromatiques, condimentaires et médicinales cultivées et ayant donné des résultats probants, figurent le géranium, la lavande, la rose, le moringa, la sauge, le thym, la verveine, la menthe, le safran, le romarin, l’Aloé vera, le persil, le basilic, la camomille, le figuier de barbarie ainsi que l’arganier à titre expérimental.

Ces efforts et investissements des pouvoirs publics dans le secteur de l’agriculture visent à créer les conditions propices pour relever les défis par la concrétisation de l’autosuffisance alimentaire et la réalisation de la sécurité alimentaire.

L’attention accordée à l’investissement dans le secteur agricole vise également à optimiser la production en adoptant les méthodes de cultures durables qui n’épuisent pas les sols et la nature, à accroître le rendement et le revenu des agriculteurs, ainsi qu’à assurer des emplois.

Pour favoriser l’investissement dans l’agriculture, les pouvoirs publics ont créé dernièrement par décret exécutif N 20-265 du 22 septembre 2020 (JO N -57), l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS) dans le but de lutter contre la bureaucratie et permettre aux investisseurs potentiels dans les cultures stratégiques de surmonter les entraves portant sur l’accès au foncier agricole en utilisant des moyens de production modernes sur des grandes surfaces.

Cet organisme a pour objectif d’accompagner les investisseurs non seulement pour l’acquisition du foncier agricole mais aussi pour l’accroissement de la production agricole classée « stratégique » ainsi que la transformation agro-industrielle et les possibilités de commercialisation de la production sur le marché local et à l’export.

De nombreux investisseurs potentiels ont formulé la demande d’acquisition du foncier par le biais d’une application informatisée pour faciliter le travail et permettre de satisfaire ces demandeurs en vue d’accroitre la superficie agricole destinée aux cultures stratégiques et créer de l’emploi.

APS

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